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Les grandes batailles de l’histoire du Maroc

Zallaca (1086)

A la bataille de Zallaca ou Sagragas non loin de Badajoz, le sultan almoravide Youssef ibn Tachfine remporte une victoire décisive contre les forces coalisées de la reconquista de Castille, de Leon et de Navarre menées par le roi Alphonse VI de Castille qui faillit être fait prisonnier. Cette victoire eut un retentissement considérable dans le monde musulman et força les armées espagnoles à lever le siège de Saragosse. Par contre, le sultan almoravide rappelé au Maroc par la mort de son héritier, ne parvint pas à reprendre Tolède reprise par la reconquista en 1085.

Uclès (1108)

La bataille d’Uclès près de Cuenca en 1108 ou “bataille des sept comtes

” vit le sultan almoravide Ali Ibn Youssef remporter une victoire Ă©crasante contre les armĂ©es castillanes d’Alphonse VI. Lors de cette bataille, Sancho Alfonsez, fils unique du roi de Castille trouva la mort et Alphonse VI mourra de dĂ©pit l’annĂ©e suivante.

DĂ©sastre de Fraga (1134)

DĂ©sastre de l’armĂ©e espagnole devant Fraga, assiĂ©gĂ©e par le roi d’Aragon Alphonse 1er le batailleur, cette bataille, l’une des dernières remportĂ©e par les almoravides en Espagne, marqua l’arrĂŞt, pour un temps, de la reconquĂŞte aragonaise. Elle vit la mort de plusieurs barons francs croisĂ©s en Espagne comme Aymeri II de Narbonne et Centulle IV du BĂ©arn ainsi que la capture de l’Ă©vĂŞque de Lescars, Guy de Lons, grande figure de prĂ©lat batailleur. Alphonse 1er d’Aragon y fut Ă©galement si grièvement blessĂ© qu’il mourra peu après des suites de ses blessures.

Alarcos (1195)

La bataille d’Alarcos, en arabe (M’rakat al-Arak), en espagnol Batalla de Alarcos, Ă©galement dĂ©signĂ©e par les espagnols sous le nom de dĂ©sastre d’Alarcos, se dĂ©roule le 19 juillet 1195 et oppose les troupes almohades du calife Yacoub Al-Mansour (le Victorieux), Ă  l’armĂ©e castillane du roi Alphonse VIII. La bataille a lieu au village d’Alarcos, aujourd’hui proche de la ville espagnole de Ciudad Real. Le royaume de Castille (principal moteur de la reconquĂŞte chrĂ©tienne) subit une sĂ©vère dĂ©faite et doit signer un traitĂ© de paix de 10 ans avec les Almohades. Par cette victoire, l’empire almohade consolide ses positions dans en Andalousie et devient, jusqu’en 1212, la nouvelle puissance en Afrique du nord et au sud de la pĂ©ninsule IbĂ©rique.

Las Navas de Tolosa (1212)

La bataille de Las Navas de Tolosa, ou Hisn al-Oqab, se dĂ©roula au lieu-dit Castillo de la cuesta (de nos jours Castro Ferral, dans la province de Jaen en Espagne le lundi 15 juillet 1212 entre l’armĂ©e du calife almohade Mohammed An Nasir et une coalition de plusieurs États chrĂ©tiens de la pĂ©ninsule ibĂ©rique ( Royaumes de Castille, de Leon, de Navarre et du Portugal ainsi que le duchĂ© de Narbonne) ainsi que des troupes de de croisĂ©s venant de nations europĂ©ennes. RemportĂ©e par les ChrĂ©tiens, elle marque une Ă©tape dĂ©cisive de la Reconquista et accĂ©lère sensiblement le dĂ©litement de l’empire Almohade mĂŞme si elle n’a pas eu de consĂ©quences immĂ©diates Ă  l’exception de raids sur Baeza et dans la vallĂ©e du Guadalquivir. Il faudra encore près de 70 ans pour que toute la pĂ©ninsule ibĂ©rique Ă  l’exception du Royaume de Grenade soit reconquise par les espagnols.

Bataille de Alcazarquivir dite bataille des trois rois ou bataille de l’oued Al Makhazine (1578)

La bataille des Trois Rois ou bataille de Oued al-Makhazin (4 aoĂ»t 1578) a Ă©tĂ© une bataille dĂ©cisive ayant mis fin au projet d’invasion du Maroc du roi de Portugal Sebastian 1er.. Elle eut lieu sur les rives du fleuve Oued al-Makhazin, affluent du Loukos arrosant Ksar el Kebir dans la province de Larache. S’opposèrent durant cette bataille l’armĂ©e du sultan marocain nouvellement portĂ© au pouvoir, Abou Marwane Abdelmalik et l’armĂ©e portugaise du roi SĂ©bastien Ier, assistĂ© de son alliĂ© le sultan marocain dĂ©chu, Mohammed Al Moutawakkil. Les trois principaux protagonistes pĂ©rirent au cours de cette bataille.

Elle est aussi connue en tant que « bataille de l’Alcazar KĂ©bir », orthographiĂ©e de diffĂ©rentes façons : « bataille d’Alcácer-Quibir » (en portugais), « bataille de l’Alcácer Quibir » (en français), et « bataille d’Alcazarquivir » (en langue castillane).

Le dĂ©sastre portugais fut tel que de grande puissance, le Portugal fut annexĂ© deux ans plus tard par l’Espagne pendant plus d’une soixantaine d’annĂ©es jusqu’Ă  l’avènement de la dynastie des Bragance. La mort du roi du Portugal donna aussi naissance Ă  un dĂ©lire messianique au Portugal, le sĂ©bastianisme, allĂ©guant mĂŞme des dizaines d’annĂ©es après sa mort qu’il n’avait pas Ă©tĂ© tuĂ© dans la bataille et qu’il reviendrait mĂŞme Ă  une date très postĂ©rieure, alimentant ainsi une ferveur nationaliste chez les lusitaniens.

– Bataille d’Isly (1844)

La bataille de l’oued Isly le 18 aoĂ»t 1844 opposa l’armĂ©e du prince Sidi Mohammed ben Abderrahmane fils du sultan du Maroc qui soutenait la rĂ©bellion de l’Ă©mir Abdelkader contre les forces coloniales françaises commandĂ©es par le marĂ©chal Bugeaud et constitua une dĂ©faite cruciale de l’empire chĂ©rifien et mit dĂ©finitivement un terme au mythe de la puissance militaire du Maroc. A la suite de ce dĂ©sastre, le sultan du Maroc cessa de soutenir la rĂ©sistance algĂ©rienne de peur que ses Etats ne soient Ă  leur tour envahis.

– DĂ©faite de TĂ©touan (1860)

La Guerre d’Afrique, aussi appelĂ© Première guerre du Maroc ou Guerre de TĂ©touan, est la guerre coloniale menĂ©e par l’Espagne contre le Maroc entre 1859 et 1860.

Le Maroc sort vaincu de cette guerre pendant laquelle son armée a été battue autour de Tétouan lors des batailles de Sierra Bullones le 17 décembre 1859, de Castillejos le 1er janvier 1860 , de Tétouan le 31 janvier 1860 et de Wad-Ras (ou Gualdras ou Guad-el-Ras) le 23 mars 1860 . Il est contraint de signer avec l’Espagne le 26 avril 1860 le traité de Wad-Ras, dont les conditions lui sont très défavorables

– Bataille d’Anoual (1921)

La bataille d’Anoual, connue comme le dĂ©sastre d’Anoual par l’historiographie espagnole opposa un contingent militaire espagnol de 60 000 hommes à l’armĂ©e rifaine de 5 000 hommes de Mohammed Abdelkrim el Khattabi, dans la rĂ©gion du Temsamane, dans le Rif en juillet 1921. Les affrontements ont eu lieu Ă  120 km de Mellilia dans le Nord du Maroc et marquent le dĂ©but de la guerre du Rif.

La victoire d’une armĂ©e de rĂ©sistants rifains sur l’armĂ©e espagnole devint un important symbole de la lutte anticoloniale et marqua un tournant de la rĂ©sistance au double protectorat espagnol et français instaurĂ© au Maroc. L’Espagne perdit lors de la bataille plus de 12 000 soldats dont 13 gĂ©nĂ©raux , en plus des 700 prisonniers faits par le contingent rifain. Le commandant du contingent espagnol, le gĂ©nĂ©ral Silvestre se suicida Ă  l’issue de la bataille

Cette dĂ©faite cinglante des forces coloniales fut lourde de consĂ©quences de part et d’autre de la MĂ©diterranĂ©e. C’est cette « humiliation » qui, en 1923 Ă  Barcelone, incita le gĂ©nĂ©ral Primo de Rivera Ă  lancer un pronunciamento et Ă  instaurer une dictature militaire. La guerre du Rif dura encore cinq annĂ©es et se solda par la victoire de la France et de l’Espagne contre les contingents rifains dont le chef Abdelkrim se rendit Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© de la France et fut exilĂ© Ă  Madagascar.

Sur ce sujet se rĂ©fĂ©rer au formidable ouvrage La guerre du Rif : Maroc 1921-1926′” de Vincent Courcelles-Labrousse

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