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Les grands capitaines anglais de la guerre de cent ans

Le XIVème siècle est un de mes siècles préférés dans l’histoire de France. Il a vu se déclencher et se développer une guerre interminable de 100 cent ans entre la France et l’Angleterre dans un contexte d’épidémie de peste noire, peste introduite par des négociants génois venus de Crimée et débarqués à Marseille et qui a emporté en quelques années près de 40% de la population européenne en quelques années. C’est une période très dure, surtout pour le petit peuple.

La guerre de cent ans et qui a durĂ©e en rĂ©alitĂ© 116 ans, entre la bataille navale de l’Ecluse en 1339 et la batailleedouadIII de Castillon en 1453, entrecoupĂ©e de nombreuses et longues trĂŞves, a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e lorsque Edouard III PlantagenĂŞt, encouragĂ© par son cousin Ă©loignĂ© Robert d’Artois (voir la fameuse affaire du hĂ©ron dans les rois maudits), a revendiquĂ© la couronne de France, non sans raisons, après les dĂ©cès successifs des trois fils de Philippe le Bel sans hĂ©ritier mâle. En effet, fils de Isabelle de France, la louve de France de Maurice Druon et petit-fils de Philippe le Bel, il est son plus proche hĂ©ritier mâle: La  loi salique invoquĂ©e par les partisans et les juristes de Philippe de Valois (“les lys ne filent ni ne tissent”) n’est qu’une contorsion alambiquĂ©e sans fondement rĂ©el. De plus, pour compliquer la situation, le fils de Jeanne d’Evreux, fille de Jeanne de Bourgogne, « la reine Ă©tranglĂ©e » et de Louis X le Hutin, Charles le Mauvais (El Malo), roi de Navarre et Ă©cartĂ© du trĂ´ne en raison de la bâtardise supposĂ©e de sa mère, est dans cette logique lui-mĂŞme le vĂ©ritable hĂ©ritier prĂ©somptif et n’accepte pas d’avoir Ă©tĂ© dĂ©chu de ses droits.

Lors cette guerre, de très belles figures s’affronteront des deux côtés mais il sera question ici surtout des grands capitaines anglais ou pro-anglais. En effet, des français de souche que l’on ne peut qualifier de traîtres (la passion de Jeanne d’Arc en a fait des traîtres mais la vérité est plus contrastée) ont combattu du côté anglais et les rois d’Angleterre avaient de nombreux partisans en France. Pourquoi, forts de ses droits légitimes, un grand roi comme Edouard III n’aurait t’il pas réuni les deux couronnes, évité un conflit dévastateur, une guerre commencée lors de l’empoignade des premiers Plantagenêts avec les capétiens et que l’on peut qualifier non de guerre de cent ans mais de guerre de 300 ans voire de 700 ans. Le cours de l’histoire européenne en eut été changé…

Emerge principalement la très grande, très belle et très noble figure du Prince Noir, prince de Galles qui n’a jamais régné en raison de la longévité d’Edouard III. Représentant de son père en France et vice-roi d’aquitaine, il a joué un rôle dans la victoire anglaise de Crécy (1346), a remporté la bataille de Poitiers (1354) où le roi de France Jean II le Bon fut fait prisonnier, la bataille de Najera en Espagne en 1367 et par ses chevauchées, a marqué l’histoire de France de cette période. Gouverneur d’Acquitaine stationné à Bordeaux, il y a laissé un très forte empreinte.

John Chandos fut le hĂ©raut du prince noir, son ami et son sage conseiller. Il commanda un corps de troupes Ă  la bataille de Poitiers, fut nommĂ© lieutenant-gĂ©nĂ©ral des provinces anglaises en France, mena les nĂ©gociations de BrĂ©tigny et reçut les hommages des villes soumises après le traitĂ©. Il fut l’un des rivaux les plus courageux de Du Gueslin qu’il fit deux fois prisonnier et fut tuĂ© au combat au pont de Lussac sur la Vienne. C’est une très belle figure de la guerre de cent ans. Il fut Ă©galement l’auteur d’un ouvrage poĂ©tique sur le prince noir.

Robin Knolles (1317?-1406) se battit en Auvergne et dans le Berry en 1349 Ă  la tĂŞte de ses bandes. Il participa au cĂ©lèbre combat des Trente en Bretagne et commanda l’armĂ©e qui battit Du Gueslin Ă  Auray. Du Gueslin prit sa revanche sur lui Ă  Pont-Villain en 1370. Grand sĂ©nĂ©chal de Guyenne.

Hugh Calverley. D’abord chef de routiers (brigands), notamment avec Robin Knolles ou “Canolle” comme dit Froissard. Il rançonna le pape d’Avignon avec ses bandes. Adversaire dĂ©clarĂ© de Du Gueslin, il le fit prisonnier Ă  JuignĂ©, se prit d’amitiĂ© pour lui, le suivit en Espagne mais l’abandonna pour rĂ©pondre Ă  l’appel du prince noir qui le fit son sĂ©nĂ©chal en Limousin.

Jean de Grailly (1330-1376), captal de Buch est l’un des principaux capitaines de la guerre de cent ans. C’est unguerre-de-cent-ans seigneur gascon qui, Ă  l’instar de ses ancĂŞtres est fidèle aux rois d’Angleterre dans leur lutte contre les rois de France et son titre signifie en gascon, “seigneur principal” de Buch, territoire entourant la baie d’Arcachon. Il entre dans l’histoire quand il va en Angleterre en ambassade pour rĂ©clamer de l’aide contre les emipiètements des français et obtient qu’une expĂ©dition soit organisĂ©e avec Ă  sa tĂŞte le prince noir, prince de Galles. Il joue un rĂ´le dĂ©cisif dans la victoire anglaise de Poitiers (1354) quand ses cavaliers gascons effectuent un mouvement tournant qui prend Ă  revers l’armĂ©e française de Jean II. Sa cĂ©lĂ©britĂ© atteint des sommets en Europe occidentale oĂą on le met Ă  Ă©galitĂ© avec John Chandos et Bertrand du Gueslin et Froissard le cĂ©lèbrera comme un parangon de vertu chevaleresque. Il participe Ă©galement Ă  la bataille de Cocherel (1364), s’Ă©tant un temps alliĂ© avec Charles le Mauvais pour dĂ©fendre ses possessions normandes ainsi qu’Ă  l’expĂ©dition du prince noir en Espagne qui aboutit Ă  la victoire de Najera (1367) et au rĂ©tablissement sur le trĂ´ne de Castille de Pierre le Cruel aux dĂ©pens de son cousin bâtard Henri de Trastamare qui finira par reprendre dĂ©finitivement le pouvoir avec l’aide de Bertrand du Gueslin dès le dĂ©part des anglais.

John Talbot (entre 1384 et 1390-1453) est l’un des principaux capitaines anglais de la fin de la guerre de cent ans. SurnommĂ© “l’Achille anglais”, il est nommĂ© connĂ©table de France par Henri VI en 1445. Brillant tacticien, il est nĂ©anmoins controversĂ© pour ses talents de stratège contrairement Ă  son rival Falstoff, le Falstaff de Scheakspeare. C’est le Talbot qui a menĂ© le siège d’OrlĂ©ans et qu’a combattu Jeanne d’Arc. Courageux, les raids et escarmouches qu’il lance par surprise provoquent une terrible incertitude chez l’ennemi mais il a nĂ©anmoins perdu les deux principales batailles qu’il a menĂ© Ă  Patay et Ă  Castillon. En Guyenne, province longtemps nostalgique de la monarchie anglo-saxonne, le personnage de John Talabot est entrĂ© dans la lĂ©gende comme “le bon rey Talabot” (le bon roi Talbot) et son souvenir fut longtemps et est parfois encore Ă©voquĂ© lorsdes veillĂ©es au coin du feu.

Pour ceux qui veulent approfondir sur ce sujet lire les romans:
Cycle La lumière et la boue de Michel Peyramaure
Cycle Ogier d’Argouges

 

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1 Response

  1. Igor says:

    Très intéressant article sur des hommes que je ne connaissais pas !
    Je profite Ă©galement pour vous fĂ©liciter pour la qualitĂ© et la diversitĂ© des articles de votre site, je viens de passer un bel après-midi et de faire un beau voyage dans l’histoire :)

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