Les relations du Maroc avec la France d'ancien régime - Le site des passionnés d'histoire

Les relations du Maroc avec la France d’ancien rĂ©gime




On peut dire que les relations entre les empires marocains du moyen-âge avec le royaume de France ont dĂ©butĂ© avec l’Ă©pisode de la reconquista oĂą les almoravides et les almohades sont intervenus en force pour contenir les poussĂ©es castillanes et aragonaises. En effet des forces que l’on pourrait qualifier de franques parfois commandĂ©es par des notabilitĂ©s d’importance de Francie occidentale ont participĂ© assez rapidement, dès l’an 1000 Ă  l’effort soutenu pr les petites principautĂ©s espagnoles, notamment le Leon, la Castille, l’Aragon et la Navarre. Le pape de l’Ă©glise romaine avait d’ailleurs accordĂ©, dès 1063, un statut de croisĂ©s avec ce que celĂ  implique comme protection politique et judiciaire, aux chevaliers francs, essentiellement de Francie occidentale (France actuelle) dĂ©sireux de combattre l’infidèle en Espagne, l’infidèle devant ĂŞtre ici cernĂ© par les principautĂ©s andalouses et le renfort des armĂ©es almoravides et andalouses. A ce titre, il faut distinguer entre les croisades d’orient plus connues et les croisades d’occident qui leur Ă©tait pourtant antĂ©rieures.

De mĂŞme, le sultan du Maroc Yacoub Al Mansour s‘Ă©tait vu demander par Saladin d’intervenir en faveur des musulmans menacĂ©s par la 3ème croisade. Saladin demandait essentiellement au Maroc d’envoyer sa flotte alors assez puissante pour l’aider Ă  dĂ©livrer Acre du siège oĂą la tenaient les croisĂ©s menĂ©s par Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste, ce qui a entraĂ®nĂ© d’intenses pourparlers diplomatiques entre tous les partis. A ma connaissance, Yacoub Al Mansour n’a pas donnĂ© suite Ă  cette requĂŞte.

En Espagne, des chevaliers, des comtes et des Ă©vĂŞques francs avaient dĂ©jĂ  pris part aux combats, notamment Ă  la bataille de Barbastro (victoire pour la reconquista) et la bataille de Fraga (dĂ©sastre pour la reconquista). De mĂŞme, Ă  Las Navas de Tolosa en, 1212, un fort contingent de chevaliers et de seigneurs francs contribua Ă  la victoire dĂ©cisive qui devait sceller le sort de l’Espagne musulmane.

Dès le 16ème siècle, des Ă©changes plus intenses eurent lieu par le biais d’ambassadeurs, de nĂ©gociants ou de consuls envoyĂ©s tenir leur consulat en Barbarie comme on disait alors, essentiellement pour dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts des nombreux prisonniers français dĂ©tenus par le Maroc. Le 1er ambassadeur envoyĂ© par la France fut le colonel Pierre de Piton envoyĂ© par François 1er en 1533 auprès de la cour wattasside pour y Ă©tablir des liens diplomatiques. En 1577, un consul, Guillaume BĂ©rard, mĂ©decin de son Ă©tat, fut envoyĂ© en tant que consul Ă  la cour de Fès, avec pour mission première d’aider Ă  libĂ©rer contre rançon les nombreux captifs europĂ©ens dont des français suite au dĂ©sastre de Oued Al Makhazine. Guillaume BĂ©rard fut remplacĂ© par la suite par Arnoult de Lille et Etienne Hubert d’OrlĂ©ans comme reprĂ©sentant permanent et mĂ©decin auprès du sultan Moulay IsmaeL.

Le 1er envoyĂ© en Europe par la cour marocaine fut Ahmed Ibn Al Qasim Al Hajari en 1610 pour protester contre les mauvais traitements infligĂ©s par l’Espagne aux morisques d’Andalousie. En 1612-1613, Ahmed Al Ghezouli fut le 1er ambassadeur envoyĂ© Ă  la cour de France pour tenter de rĂ©cupĂ©rer la bibliothèque royale qui avait Ă©tĂ© dĂ©robĂ©e par un amiral espagnol.

En 1629, Isaac de Razilly qui avait Ă©jĂ  Ă©tĂ© fait prisonnier Ă  SalĂ© conduisit unepetitite flotte pour bombarder SalĂ© etcaptiseuropeens au marocMogador. En effet, il avait Ă©tĂ© eun moment envisagĂ© par Richelieu et le père Joseph de coloniser et de christinianiser le Maroc mais l’idĂ©e avait rapidement Ă©tĂ© abandonnĂ©e. A partir du règne de Moulay Ismael, les relations diplomatiques avec la France se sont renforcĂ©es. Mohammed Temim fut envoyĂ© Ă  la cour du roi soleil dès 1682 dans l’idĂ©e de demander une fille du roi soleil pour son mâitre. Il fut suivi de Mohamed Benaissa en 1699 mais la proposition fut refusĂ©e par la cour de France. Inversement, un ambassadeur français, Pidou de Saint-Olon fut envoyĂ© Ă  la cour de Miquenez dans l’idĂ©e de racheter un maximum des captifs français qui avaient Ă©tĂ© razziĂ©s sur les cĂ´tes de Frances ou abordĂ©s sur leurs navire par des corsaires marocains. Pidou de Saint-Olon a d’ailleurs laissĂ© une relation fort savoureuse de son voyage.

En 1767, Mohamed Ibn Abdellah noua une allianve avec la France grâce Ă  laquelle le Maroc se voyait accorder une protection par la France de Louis XV et le e traitĂ© fut pris en modèle par d’autres puissances europĂ©ennes. En 1677  une ambassade fut envoyĂ©e Ă  la cour de Louis XVI menĂ©e par Tahar Fennich et Haj Abdellah. L’ambassade prĂ©senta 6 magnifiques destriers ainsi que 20 prisonniers qui avaient Ă©tĂ© razziĂ©s par les corsaires de SalĂ©.

Pendant l’expĂ©dition d’Egypte, le futur empereur NapolĂ©on 1er avait un temps envisagĂ© de conquĂ©rir le Maroc en lieu et place de se tourner vers l’orient. Des Ă©changes avaient eu lieu avec la cour de Moulay Slimane et celui-ci Ă  qui on avait demandĂ© s’il envisageait des mesures prĂ©ventives avait rĂ©torquĂ© “Ah non! je ne fais pas la guerre Ă  Dieu”!

Après l’invasion de l’AlgĂ©rie par la France en 1830 suite Ă  “la fameuse affaire du soufflet”, le sultan du Maroc accorda son alliance aux rebelles algĂ©riens menĂ©s par l’Ă©mir Abdelkader mais l’alliance entre eux pris fin après la dĂ©faite d’Isly des troupes algĂ©ro-maerocaines face aux troupes coloniales du duc d’Aumale. Après celĂ , les sultans du Maroc n’eurent d’idĂ©e que de dĂ©fendre leur prĂ©-carrĂ© jusqu’en 1912 en jouant des rivalitĂ©s entre puissances europĂ©ennes mais ceci est une autre histoire.

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