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Les personnages de la cour d’Henri IV

La cour d’Henri IV est devenue si cĂ©lèbre par les personnages qui s’y sont illustrĂ©s, leur verve , qu’un pont de Paris en rassemble les portraits et qu’une pièce de Pirandelllo l’a pour titre. Il y rĂ©gnait une telle libertĂ© de ton et de moeurs que le nonce du pape l’a qualifiĂ© de “quel bordel que la cour de France!” Henri IV lui-mĂŞme s’en est rendu compte Ă  un moment. Alors qu’il s’apprĂŞtait Ă  prendre pour Ă©pouse Marie de MĂ©dicis,  hĂ©ritière d’une partie de la fortune des MĂ©dicis, son acâriatre maĂ®tresse s’en prit un jour Ă  lui “Quand ferez-vous venir dans votre cour votre grosse banquière?”, ce Ă  quoi le vert galant qui avait la rĂ©partie facile lui cloua le bec “quand j’en aurai chassĂ© toutes les putains”. Des anecdotes de ce type fourmillent Ă  cette Ă©poque et il sera impossible de les reprendre toutes ici. Notre travail consistera seulement Ă  reprendre les grands du royaume qui y ont jouĂ© un rĂ´le, les principaux courtisans ainsi que les maĂ®tresses officielles ou non . De plus, il y eut la cour de NĂ©rac avant la cour de France et certains qui ont jouĂ© un rĂ´le important dans la 1ère ont disparu de la seconde                          

Les fous avaient pour fonction d’Ă©gayer la cour. !Tout leur Ă©tait permis en principe. Mais parfois, abusant de leur libertĂ©, ils risquaient un bon mot trop fâcheux pour qu’on leur permit de rester Ă  la cour. Henri IV eut d’abord Ă  son service Chicot. C’Ă©tait un noble authentique, baron de surcroĂ®t. Il avait ete prĂ©cĂ©demment le fou d’Henri III et son humour fait d’allusions subtiles et de jeux de mots qui plaisait tant Ă  son prĂ©cĂ©dent maĂ®tre n’Ă©tait pas tellement du goĂ»t du vert galant amateur de bons mots et de blagues grivoises. La preuve de sa condition, il mourut au combat Ă  Ivry ou Fontaine-française. Lui succĂ©da maĂ®tre Guillaume et son Ă©pouse, la naine Mathurine. Celle-ci dĂ©passait parfois les bornes, si bien, qu’une fois, blessĂ© Ă  la lèvre lors de l’attentat d’Etienne Chatel en 1594, Henri IV crut d’abord que c’Ă©tait encore un mauvais tour de sa folle en s’ecriant “la peste soit de la folle”! MalgrĂ© celĂ , Mathurine poursuivit sa carrière de folle jusque sous le règne de Louis XIII.

Tout d’abord, il y avait la famille du roi? Sa soeur, Catherine de Bourbon, tout Ă  lui dĂ©vouĂ©e et qu’il empĂŞcha de rĂ©aliser un mariage Ă  son souhait, souhaitant une union qui serve ses desseins politiques. Elle fut finalement offerte au duc de Lorraine de qui on souhaitait l’alliance. Ensuite, les cousins germains au nombre de 3, neveux de son père et fils de Louis 1er de CondĂ©. La branche aĂ®nĂ©e, celle des CondĂ© puis celle des Conti et enfin celle des Soissons Un accompagneront la monarchie française jusqu’en 1789, sauf celle des Soissons devait s’Ă©teindre.  Les bâtards enfin avec Ă  leur tĂŞte cĂ©sar et Alexandre de VendĂ´me, fils de Gabrielle d’entrĂ©es.

La comtesse de Guicche, Diane d’Andoins, surnommĂ©e Corisande par son amant dont elle fut la 1ère maĂ®tresse marquante en dehors de son Ă©pouse Marguerite de Valois qui fit quelques apparitions Ă  la cour de NĂ©rac, fut Ă©galement une conseillère avisĂ©e et un soutien consĂ©quent pendant ces annĂ©es de lutte, disposant elle-mĂŞme d’un important patrimoine en BĂ©arn et en Gascogne. Les plus anciens fidèles de cette pĂ©riode se nomment Maximilien de BĂ©thune, baron de Rosny (le futur duc de Sully), Agrippa d’AubignĂ©; Henri de la Tour d’Auvergne futur duc de Bouillon et prince indĂ©pendant de Sedan. On connaĂ®t la carrière de Sully et il est inutile d’y revenir. Notons cependant ses prĂ©tentions gĂ©nĂ©alogiques Ă©bouriffantes, il se prĂ©valait de d’ancĂŞtres prestigieux Ă  tort ou Ă  raison , les BĂ©thune comtes de Flandre et empereurs de Constantinople au moyen-âge, prĂ©tentions dont Henri IV se moquait Ă  gorges dĂ©ployĂ©es. Agrippa d’AubignĂ©, grand poète mais mĂ©diocre courtisan, se rĂ©vĂ©la d’un soutien important pendant cette pĂ©riode y compris par des prĂŞts d’argent Ă  l’impĂ©cunieux roi de Navarre. Il se plaignit amèrement de son ingratitude par la suite quand Henri, devenu roi de France commença Ă  l’ignorer. Une fois que pour le remercier d’un prĂŞt qu’il lui avait fait , Henri IV lui fit cadeau d’un tableau de lui-mĂŞme fut l’occasion d’un quatrain assez savoureux:

“En vĂ©ritĂ©, Ă  quel roi avons nous affaire
Je ne sais diable de quel bois est-il fait
Car il répompense en peinture
Ceux qui le servent en effets

Ou encore

“Le fidèle citron qui couchait autrefois sur votre lit sacrĂ©
Couche d’ores sur la dure
C’est lui qui effrayait les brigands de sa voix
Des dents les assassins

D’oĂą vient donc qu’il endure

La faim, le froid, les coups, les dĂ©dains et l’injure
Paiement coutumier du service des rois
Sur ce pauvre chien délaissé
Mort de faim par les rues

Courtisans,
qui jetez vos regards
sur ce pauvre chien
délaissé, mort de faim par les rues
attendez ce loyer de la fidĂ©litĂ©”

On raconte qu’Henri IV blĂŞmit quand il entendit ces vers et ordonna que le chien fut mieux traitĂ©.

Henri, comte de la Tour d’Auvergne, prince protestant fut un fidèle et important soutien Ă  Henri IV quand il Ă©tait roi de Navarre et s’Ă©leva au rang de duc de Bouillon et prince de Sedan par mariage mais se rĂ©vĂ©la par la suite instable et brouillon. Henri IV se plaignait souvent de lui mais lui pardonnait toujours Ă  cause de ses Ă©tats de service.”Dieu me garde des Bouillon et des Brouillon’. Pendant le rĂ©gence et le dĂ©but du cardinalat de Richelieu, il se perdit dans toutes les intrigues et tous les complots du temps, ce qui fit dire Ă  Richelieu dans son testament politique ” il ne pouvait vivre ni ne laissait vivre personne en repos”. CelĂ  finit par, lui faire perdre la principautĂ© de Sedan mais il fut Ă©pargnĂ© et conserva son titre de duc de Bouillon. Il est Ă  noter qu’il est le père du marĂ©chal de Turenne.

Une fois devenu roi de France, la cour d’Henri IV s’agrandit et accueillit de nouveaux visages, souvent des transfuges de la cour d’Henri III. Ce fut le cas du marquis d’O, surintendant des finances, du duc d’Epernon, colonel gĂ©nĂ©ral de l’infanterie, du comte Charles d’AngoulĂŞme, fils adultĂ©rin de Charles IX et de Marie Touchet, du duc de Bellegarde, grand Ă©cuyer, du duc de Biron ou du comte de Bassompierre, Ă©tranger naturalisĂ© qui deviendra marĂ©chal de France sous Louis XIII, . De grands personnages….

Henri IV mĂ©nageait le duc d’Epernon, grand personnage au caractère ombrageux, Ă©toile solitaire qui Ă©tait d’ailleurs avec lui dans le carosse au moment de l’attentat de Ravaillac. Le marquis d’O, surintendant des finances qui organisait des dĂ®ners somptueux accueillit plus d’une fois le roi de France qui s’invitait en se plaignant de n’avoir pour dĂ®ner qu’un modeste brouet. Charles, comte puis duc d’AngoulĂŞme se vit souvent pardonner de graves complots, y compris celui de Biron, pour ce que Henri III qui l’avait pris sous aile l’avait recommandĂ© Ă  son successeur sur son lit de mort. Le duc de Bellegarde fut le 1er amant de Gabrielle d’EstrĂ©es et un rival en amour pour le roi. A belle garde, beau fourreau”, disait t’on …) . Ce fut Ă©galement Ă  lui qu’Henri jeta une cuisse de poulet en dĂ©couvrant sans s’en dĂ©voiler ses pieds qui dĂ©passaient du lit de sa maĂ®tresse en dessous duquel il s’Ă©tait cachĂ©. Le comte de Bassompierre devait Ă©pouser Charlotte de Montmorency, le dernier amour sĂ©nile d’Henri avant de se voir Ă©condiuire par le roi qui prĂ©fĂ©ra la marier Ă  Henri de CondĂ© qu’il prĂ©sumait homosexuel. La fuite de CondĂ© avec Charlotte Ă  Bruxelles faillit d’ailleurs provoquer une guerre europĂ©enne, ce qui fut peut-ĂŞtre la cause de l’assasinat final du vert galant.

Sur son Ă©pouse acariâtre Maris de MĂ©dicis, les grands ministres issus de la bourgeoisie et transfuges du règne prĂ©cĂ©denr, Ă  savoir Villeroy, Jeannin, Sillery, tant d’anecdotes viennent Ă  l’esprit mais sont trop nombreuses pour ĂŞtre citĂ©es ici.

Quand aux maĂ®tresses, officielles ou non, Ă  savoir Gabrielle d’EstrĂ©es, Henriette d’Entragues ou Charlotte de Montmorency, on pourrait ergoter Ă  l’infini tant la vie du vert galant ressemble Ă  un roman. Pour ceux qui s’intĂ©resse Ă  cette pĂ©riode passionnante, je recommande de lire la biographie d’Henri IV de Babelon, la rĂ©fĂ©rence en la matière ou le roman fleuve de Robert Merle “Fortune de France”.

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