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Les capetiens (3): Les bourbons








La dynastie des bourbons qui a rĂ©gnĂ© en France de 1589 Ă  1789 avec 5 rois, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI est issue d’un fils cadet de Saint-Louis, Robert de Clermont qui a Ă©pousĂ© une hĂ©ritière richement possessionnĂ©e, Ă  savoir BĂ©atrice de Bourgogne, Ă©galement dite dame de Bourbon. De lĂ  est issue la lignĂ©e des bourbons avec deux branches, la branche aĂ®nĂ©e s’etant eteinte avec le connĂ©table Charles de Bourbon et ses frère et la branche cadette, celle des Bourbons-vendĂ´me dont est issu Henri IV est l’hĂ©ritier par son père Antoine de Bourbon, duc de VendĂ´me.

Si les bourbons comptaient parmi les dernières familles fĂ©odales â avoir une vraie assise territoriale, celle-ci s’est particulierement amoindrie avec la disgrâce de la branche ainĂ©e, celle du connetable dont les terres ont Ă©tĂ© saisies  au terme d’un vĂ©ritable dĂ©ni de justice par Francois 1er (“Je vais lui couper les paturons”, Ă  Henri VIII) et son avide mère Louise de Savoie et c’est grâce au mariage d’Antoine de bourbon avec Jeanne d’Albret, hĂ©ritière des Foix-Albret et donc du versant français du royaume de Navarre, du comtĂ© de Foix et de la principautĂ© du BĂ©arn que les bourbons ont retrouvĂ© l’assise territoriale au sud de la France dont a tant bĂ©nĂ©ficiĂ© Henri IV.

Si les bourbons ont Ă©pousĂ© â plusieurs reprises des princesses de la maison royale, ils n’etaient plus cousins des derniers valois qu’au 8 ème degrĂ© en ligne agnatique, ce qui faisait dire Ă  Catherine de MĂ©dicis qui craignait pour sa propre lignĂ©e qu’ils n’Ă©taient pas plus apparentĂ©s que les simples descendants d’Adam et Eve.

Fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, Henri IV est donc le petit -fils de Charles IV de bourbon-VendĂ´me et de Francoise d’Alençon et de Henri II de Navarre et de Marguerite de Valois, la Marguerite des marguerites, soeur de François 1er dont il est Ă  ce titre le petit-neveu, d’oĂą une certaine ressemblance avec  notamment le fameux nez bourbonien. Sa grand-mère Marguerite est une auteur reconnue auteur notamment de l’heptameron et des 4 dames et des 4 gentilhommes entre autres. De son grand-pere paternel, il hĂ©rite les importants biens des bourbons-VendĂ´me au centre de la France et d’une partie des biens des Montpensier, une des famille les mieux possessionnĂ©es de France, d’oĂą Ă©galement un cousinage avec la duchesse de Montpension soeur des guise, boiteuse et qui se promenait partout avec une paire de ciseaux, prĂ©tendant tonsurer Henri III, ce qui provoquera la fureur du dernier valois. De son grand-père paternel, il heritera le versant nord du royaume de Navarre ainsi que des biens des Foix-Albret dont le Bearn, le pays de Foix et la comtĂ© de Bigorre. Jeune, il portera d’ailleurs le titre de prince de Viane rĂ©servĂ© aux ainĂ©s de la famille.

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Après avoir fleurtĂ© avec le protestantisme, le père d’Henri IV, Antoine de Bourbon devient comme lieutenant gĂ©nĂ©ral du royaume le chef du parti catholique tandis que sa mère Jeanne dAlbret est l’âme du parti protestant. Henri de Navarre est donc très tĂ´t tiraillĂ© entre les deux confessions, ce qui explique ses 6 abjurations successives, 3 ayant eu lieu dans son enfance, une forcĂ©e la veille de la saint-barthĂ©lĂ©my et deux etant de son fait. On comprend mieux son scepticisme envers la religion et sa tolerance acquise d’expĂ©rience et ce d’autant que son oncle paternel Louis 1er de CondĂ© succède Ă  son père comme chef du parti protestant dirigĂ© de fait par Gaspard de Coligny.

Avant d’entrer dans l’avènement des bourbons avant Henri IV, essayons de comprendre comment cette dynastie qui a inscrit dĂ©finitivement la France dans ses frontières, a marquĂ© la conscience nationale et a fait entrĂ© le pays dans l’ère moderne puis classique puis a pu laisser tomber la couronne. Hormis le nez bourbonien, le port de la perruque, les bourbons sont surtout ceux qui ont instaurĂ© l’absolutisme en France. Ils ont Ă©galement mis en place une politique Ă  grande Ă©chelle qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© initiĂ©e par François 1er, celle de rabaisser la puissance des habsbourgs et surtout de l’Espagne. C’est cette lutte sĂ©culaire et la victoire française finale qui ont permis Ă  la France d’Ă©merger un temps comme superpuissance sous le règne de Louis XIV. NĂ©anmoins, ils n’ont pas pu enrayer la montĂ©e en puissance de l’Angleterre qui finira par Ă©merger au 18ème siècle comme la superpuissance mondiale après les succès de Marlborough face aux armĂ©es du roi soleil. C’est Ă©galement sous leur règne qu’a Ă©mergĂ© la grande culture française des XVIIèmes et XVIIIèmes siècles, les tragĂ©diens, philiosophes, Ă©crivains, les lumières….

La question de la succession d’Henri III s’est posĂ©e avec acuitĂ© dès 1584 avec la mort de son denier frère François d’Alençon. Deux familles se poseront en successeurs potentiels. Les bourbons avec Ă  leur tĂŞte Henri IV avaient leur lĂ©gitimitĂ© pour celĂ . Les lois fondamentales du royaume, la loi salique… De plus, Henri III fera tout pour garantir sa couronne Ă  Henri de Navarre mĂŞme s’il n’Ă©tait guère plus âgĂ©. Seul la confession protestante d’Henri IV posait problème d’autant plus qu’il ne voulait pas abjurer de suite, craignant de perdre un parti dĂ©vouĂ© Ă  sa cause sans en gagner un autre. Les Guise, eux, cadets de Lorraine, princes Ă©trangers naturalisĂ©s sous François 1er, n’avaient pour toute lĂ©gitimitĂ© qu’une prĂ©tendue filiation avec les derniers carolingiens par le biais du duc Charles de basse-lorraine qui, selon eux, aurait du succĂ©der Ă  Louis V Ă  la place d’Hugues Capet. Plus grave, ils avaient le soutien de la ligue et de ses partisans les plus acharnĂ©s comme les 16, maĂ®tres de Paris. De plus, les candidats les plus encharnĂ©s de la ligue qui cherchaient un candidat plus lĂ©gitime privilĂ©giaient le cardinal de Bourbon, oncle paternel d’Henri IV en dĂ©pit de son âge avancĂ© et de son Ă©tat ecclĂ©siastique. Que la situation Ă©tait compliquĂ©e… Il faudra le rapprochement entre Henri III et Henri de Navarre par le biais de la rencontre de ce dernier avec le duc d’Epernon, favori et principal soutien d’Henri III pour clarifier la situation. Les “bons français” et les politiques (ligueurs modĂ©rĂ©s) privilĂ©giaient, eux, la succession d’Henri de Navarre Ă  condition qu’il se convertit. Il leur faudra attendre pour celĂ  1593. L’abjuration de 1593 et le sacre de 1594 Ă  Chartres, Reims Ă©tant aux mains de la ligue lui permettront de prendre dĂ©finitivement la main et de rĂ©cupĂ©rer sa capitale, Paris, en 1594 mĂŞme s’il devra rĂ©cupĂ©rer les places fortes de France une par une, souvent en achetant leur gouverneur. “On dit qu’on m’a rendu mon royaume mais on me l’a bel et bien vendu”, Henri IV. Il lui faudra pourtant bien plusieurs autres campagnes militaires qui culmineront, après Coutras en 1587 et Arques en 1589 avec Ivry en 1590 et Fontaine-Française en 1595.

Comme on l’a vu, Henri IV compte deux oncles paternels. Si le cardinal de Bourbon n’a pas fait souche du fait de son Ă©tat, son autre oncle Louis 1er de CondĂ© lui le fera. Il aura trois fils de deux mariages. L’aĂ®nĂ©, Henri de CondĂ© sera un compagnon de lutte d’Henri de Navarre et la maison de CondĂ© accompagnera la branche ainĂ©e des Bourbons jusqu’Ă  son extinction avec l’exĂ©cution du duc d’Enghien par NapolĂ©on. Elle constituera parfois une Ă©ventualitĂ© pour la succession compte tenu que Henri IV puis Louis XIII tarderont Ă  produire un hĂ©ritier. Les autres branches seont celles des prince de Conti et des comtes de Soissons, derniers princes du sang. La maison de Soissons s’Ă©teindra Ă  la mort de Louis de Bourbon-Soissons lors de la bataille de la la MarfĂ©e qu’il avait pourtant gagnĂ© contre les troupes de Louis XIII et de Richelieu, s’ouvrant par lĂ  la route de Paris.

Quand Henri III dĂ©cède sur sa chaise percĂ©e victime du couteau armĂ© par la ligue de Jacques ClĂ©ment, Henri de Navarre est âgĂ© de 36 ans et a dĂ©jĂ  un sĂ©rieux bagage politique. Depuis son Ă©vasion de la cour de France (aidĂ© par qui?) oĂą il a appris Ă  dissimuler, il a assis sa domination sur le parti protestant aidĂ© par Duplessis-Mornay appelĂ© le pape des huguenots et qu’il fera duc. Il s’est dotĂ© d’une cour et s’appuie sur un entourage sĂ»r oĂą figurent le baron de Rosny futur duc de Sully,  le marquis d’O qu’il maintient Ă  la surintendance des finances, Henri de la tour d’Auvergne vicomte de Turenne et futur duc de Bouillon, Agrippa d’aubignĂ©… Après quelques heures de contrition, il s’installe dĂ©finitivement dans les habits de roi de France. Son intelligence est de garder les anciens bons ministres d’Henri III dont d’O, Villeroy, Sillery  et Jeannin. Il s’adjoint Ă©galement le baron et marechal de Biron ainsi que son fils, le futur duc de Biron.  Par contre, il ne peut retenir les principaux de la cour d’Henri III dont d’Épernon, qui après lui avoir jurĂ© fidĂ©litĂ© Ă  la demande de leur ancien maĂ®tre mourant, n’ont rien de plus pressĂ© que de regagner leur gouvernement. Ils reviendront l’un après l’autre non sans avoir fait payer leur fidĂ©litĂ© mais Henri IV doit lever le dur siège de Paris oĂą la population meurt littĂ©ralement de faim. Il le reprendra après avoir renforcĂ© ses positions après la bataille d’Ivry en 1590. L’abjuration après d’intenses nĂ©gociations avec la cour papale menĂ©es de main de maĂ®tre par le cardinal du Plessis  ( l’Espagne de Philippe II s’opposait de toutes ses forces Ă  sa rĂ©ception par l’Ă©glise ),  le couronnement et la prise de Paris finiront d’assoir sa lĂ©gitimitĂ©.

La vie d’Henri IV ressemble tellement Ă  un roman qu’il aurait pu dire Ă  la fin de sa vie, Ă  l’instar de NapolĂ©on,”quel roman que ma  vie”. Il est restĂ© tellement populaire dans la conscience nationale que les rĂ©volutionnaires de 1789 l’ont prĂ©sentĂ© comme le modèle du bon roi. Roi de la poule au pot, le bon roi Henri, le vert galant… Il avait un Ă©tonnant sens de la rĂ©partie, une aisance dĂ©concertante. Cest un des trois seuls souverains de l’histoire de France Ă  porter le qualificatif de “grand” comme Louis XIV le grand, NapolĂ©on 1er le grand et lui-mĂŞme.

Son mariage avec Marguerite de Valois battait de l’aile et Henri se mĂ©fiait tellement de l’inconduite de son Ă©pouse qu’il dĂ©cida finalement de ne plus avoir de relations avec elle de peur de produire un hĂ©ritier illĂ©gitime. Envisageant le divorce pour non consommation mĂŞme si c’Ă©tait difficilement crĂ©dible tant les deux jeunes gens Ă©taient vifs, d’intenses pourparlers furent entretenus avec la papautĂ© pour obtenir la dispense nĂ©cessaire qui fut finalement obtenue pour consanguinitĂ©. CelĂ  après avoir dĂ©dommagĂ© Marguerite qui ne tenait  pas non plus tant que ça Ă  son union. Les anciens Ă©poux maintiendront de bonnes relations et Margot, devenue âgĂ©e et obèse fera de frĂ©quentes visites au dauphin Louis en lui offrant quelques agapes. Après avoir envisagĂ© plusieurs princesses europĂ©ennes, le choix finit par  se porter sur Marie de MĂ©dicis pour ce qu’elle apportait avec elle en dot une somme qui permettait d’Ă©ponger les dettes de la royautĂ©. Le mariage finit par se faire par procuration non sans qu’Henri n’ait eu Ă  soutenir les rĂ©criminations (“quand donc ferez-vous venir votre grosse banquière?” “Quand j’aurai chassĂ© de ma cour toutes les putains….”) de sa maĂ®tresse officielle Henriette d’Hentrague Ă  qui il avait fait une promesse Ă©crite de mariage qui ne fut jamais retrouvĂ©e (“soit qu’il se soit passĂ© entre eux des choses inavouables”, Sully). Henriette lui en voudra toujours jusqu’Ă  la mort d’Henri oĂą elle joua peut-ĂŞtre un rĂ´le. Henri qui n’avait vu jusque lĂ  sa femme qu’en portrait fut déçu lors de leur première rencontre ( “on m’a trompĂ©, elle n’est point belle”) mais le mariage fut consommĂ© et rapidement suivi de la naissance du dauphin Louis, la 1ere en France depuis plus de 50 ans.

L’abjuration suivie de la reprise de Paris avaient Ă©tĂ© un premier pas.  L’Ă©dit de Nantes un autre. Après la naissance du dauphin suivie de celle de Gaston d’OrlĂ©ans, Henri IV ne sera plus guère contestĂ© ouvertement mis Ă  part qulques conspirations assez brouillonnes (“Dieu me garde des Bouillon et des brouillons”, faisant allusion au remuant Henri de la Tour d’Auvergne, toujours pardonnĂ© pour avoir Ă©tĂ© un fidèle soutien pendant les annĂ©es difficiles). La conspiration de Biron fut plus sĂ©rieuse. Le duc de Biron, fils du marĂ©chal baron de Biron dont toutes les veines avaient saignĂ© au service de son maĂ®tre s’Ă©tait vu entraĂ®ner dans un complot assez brouillon et fut compromis par des lettres au roi d’Espagne qui furent dĂ©couvertes. Il eut beau rĂ©criminer qu’il n’avait pĂŞchĂ© que par intention, ses nombreux amis eurent beau intercĂ©der en sa faveur (“mon penchant est de lui pardonner mais j’ai peur que lui ne pardonne ni Ă  mes enfants ni Ă  mon peuple ni Ă  mon Etat…”), il fut finalement dĂ©capitĂ©, en privĂ©, par ultime faveur royale. De lĂ  une lĂ©gende noire sur l’ingratitude d’Henri IV qui perdura jusqu’au roi soleil. Pendant le règne d’ycelui, des marchands furent une fois arretĂ©s dans une taverne Ă  Bordeaux pour avoir chantĂ© une chanson après boire sur l’ingratitude du vert galant.

Après avoir participĂ© lui-mĂŞme Ă  4 guerres de religion, la dernière Ă©tant la plus longue, de 1585 Ă  1598, comme roi de Navarre, hĂ©ritier du trĂ´ne ou roi de France, Henri IV mit un terme dĂ©finitif aux 7 guerres de religion par la promulgation de l’Ă©dit de Nantes en 1599. En fait, les guerres de religion ne finirent rĂ©ellement en France qu’après la prise de La Rochelle et la promulgation de l’Ă©dit de grâce d’Alès en 1629 par Louis XIII. En 1685, la rĂ©vocation tant controversĂ©e de l’Ă©dit de Nantes par Louis XIV ne fit que forcer Ă  la conversion ou Ă  l’exil des protestants qui n’avaient plus de parti pour les soutenir et qui Ă©taient dĂ©pourvus depuis 1629, des places de sĂ»retĂ© pour les protĂ©ger en cas de menace. L’Ă©dit de Nantes ou Ă©dit de tolĂ©rance ne fut pas une capitulation protestante. Les protestants y obtenaient, outre le droit de culte dans certaines conditions et dans certains lieux un certain nombre (55?) de places dites de suretĂ© oĂą ils pouvaient se rĂ©fugier en cas de danger sur leurs personnes. De plus, le parti protestant avec Ă  sa tĂŞte Duplessis Mornay, les Rohans, les la tour d’Auvergne voire Sully lui-mĂŞme se trouvait confortĂ© dans ses droits. Un Etat dans l’Etat Ă©tait nĂ© que Louis XIII puis louis XIII confortĂ© par son grand ministre Richelieu eurent tant de mal Ă  rĂ©duire. L’Ă©dit de grâce d’Ales leur maintint la libertĂ© de culte mais les rĂ©duisit en tant que force politique dotĂ©e d’une organisation, de forces militaires et de places de sĂ»retĂ©.

Il faut souligner Ă  quel point les Bourbons, et celĂ  dès le dĂ©but comprirent la force de l’image et des mots en se mettant en scène dans des situations avantageuses. Ils stipendièrent peintres, sculpteurs, graveurs et Ă©crivains pour les y reprĂ©senter. Henri IV entourĂ© de sa cour, promulgant l’Ă©dit de tolĂ©rance, Louis XIII promulgant l’Ă©dit de grâce d’Alès, Louis IV en roi soleil, Louis XIV franchissant le Rhin. On voit Ă  quel point les Bourbons furent de redoutables communicants….

La pĂ©riode qui suivit fut une pĂ©riode de reconstruction et de dĂ©veloppement Ă©conomique. Les français y essaimèrent au Canada. On a pu parler d’une monarchie impĂ©riale et d’un grand dessein europĂ©en (abusivement?) d’Henri IV et de son principal ministre Sully. Certains ont situĂ© cette pĂ©riode comme Ă©tant un des trois âges d’or de l’histoire de France, 1601-1609, 1662-1669, 1799-1804 et peut-ĂŞtre aussi 1958-1965.

Le dernier amour sĂ©nile du vert galant ne fut peut-ĂŞtre pas pour rien dans son assassinat. S’Ă©tant Ă©pris de la toute jeune Charlotte de Montmorency au cours d’un ballet oĂą elle participait, il projeta de la marier Ă  Henri II de CondĂ© qu’il prĂ©sumait homosexuel mais celui-ci ne l’entendant pas de cette oreille se rĂ©fugia avec sa jeune Ă©pouse auprès de la cour de Bruxelles. Certes des raisons politiques majeures expliquaient Ă©galement la dĂ©cision d’Henri IV de porter la guerre contre les pays-bas espagnols dans le but de rabaisser encore davantage la maison des Habsbourgs et toute l’Europe s’attendait Ă  des victoires rapides des armĂ©es françaises suivies d’un armistice favorable Ă  la France. C’est alors que survint l’attentat du 14 mai perpĂ©trĂ© par Ravaillac rue de la Ferronnerie. Ravaillac fut sauvagement torturĂ© mains maintint avoir agi seul ou alors son tĂ©moignage fut Ă©dulcorĂ© “en raison de la qualitĂ© des personnes impliquĂ©es”, Jeannin. Le ministre de la justice Jeannin dĂ©clara mĂŞme “des preuves? il n’y en a que trop…”L’affaire fut classĂ©e comme Ă©tant l’oeuvre d’un fou fanatique mais jusqu’Ă  aujourd’hui des pistes conduisent Ă  un assassinat commanditĂ© par la cour de Bruxelles avec le soutien du duc d’Epernon et de la marquise de Verneuil. La duchesse de Montpensier? Concino Concini? Marie de MĂ©dicis elle-mĂŞme? On ne saura sans doute jamais la vĂ©ritĂ©. A chacun de se faire son opinion….

Quand Henri IV meurt, il laisse un fils de moins de 10 ans et une Ă©pouse qui vient d’ĂŞtre sacrĂ©e la veille (sic) de sa mort. Quoiqu’il ait laissĂ© un testament rĂ©glant sa succession oĂą il instaurait un conseil de rĂ©gence, Marie de MĂ©dicis parvient Ă  se faire dĂ©signer rĂ©gente. Comme ses successeurs Louis XIII et Louis XIV, le testament d’Henri IV ne sera pas honorĂ©. Marie de MĂ©dicis commence Ă  favoriser outrageusement ses amis et surtout LĂ©onara GaligaĂ®, sa soeur de lait et amie d’enfance et Ă  travers elle, son Ă©poux Concino Concini qu’elle fait marquis d’Ancre et marĂ©chal de France bien qu’il n’ait aucune expĂ©rience militaire. Elle tente de satisfaire tout le monde en stipendiant les grands et ce faisant Ă©puise en quelques mois le trĂ©sor que son Ă©poux avait pourtant bien renflouĂ©. Un mĂ©contententement nobiliaire monte qu’elle tente d’apaiser en satisfaisant les exigences du prince de CondĂ©, chef de file de la haute noblesse qui exige la tĂŞte du conseil en tant que parent le plus proche du roi, chose qu’il n’obtiendra pas. Le vĂ©ritable homme fort s’avère peu Ă  peu ĂŞtre le marĂ©chal d’Ancre qui fit par former un gouvernement en 1616 oĂą entre un jeune prĂ©lat promis Ă  un bel avenir, l’Ă©vĂŞque de Luçon. Les historiens sont revenus sur la politique de Concino Concini. Il avait un sens de l’Etat et a menĂ© une politique anti-espagnole Ă  peine cachĂ©e. Le problème est qu’il s’Ă©lève tellement haut qu’il en perd le sens des rĂ©alitĂ©s et rabaisse le dauphin Louis qu’il blesse Ă  chaque fois qu’il en a l’occasion. Celui-ci qui est maintenant âgĂ© de 15 ans a pris un favori, le futur connĂ©table de Luynes et s’est constituĂ© un parti oĂą figurent Vitry, le capitaine des gardes du roi et DĂ©ageant, la vĂ©ritable tĂŞte politique. C’est lui qui orchestre le “coup de majestĂ©” de 1617 qu’exĂ©cute le baron de Vitry qui y gagnera son bâton de marĂ©chal. DĂ©ageant est remerciĂ© en se faisant annoblir, il y gagnera une baronnie mais sera vite Ă©cartĂ© par les nouveaux favoris. Il finira Ă  la tĂŞte du’une importante notabilitĂ© en rĂ©gion Lyonnaise.

Si son Ă©ducation a Ă©tĂ© bâclĂ©e, son abusive mère souhaitant le garder en enfance le plus longtemps possible pour jouir elle-mĂŞme du pouvoir, Louis XIII n’en a pas moins “une bonne comprĂ©hension et un bon jugement”, d’après le duc de Sully. C’est un roi-soldat dĂ©vouĂ© Ă  l’armĂ©e qui aime inspecter ses rĂ©giments. Dès le coup de majestĂ©, il envoie sa mère en exil intĂ©rieur. Ce sera la chance de Richelieu que Louis XIII n’aimait pas de se poser en mĂ©diateur entre le roi et sa mère. Il surviendra d’ailleurs deux guerrres que l’on a appelĂ© “les guerres de la mère et du fils” que le roi remportera aisĂ©ment. Mais Louis XIII, très pieux et se voulant bon fils malgrĂ© tout, ne souhaite pas envenimer la situation en attendant de rappeler sa mère Ă  sa cour. Il faut ici souligner que Richelieu a bien Ă©tĂ© dans un 1er temps la crĂ©ature de Concini puis de Marie de MĂ©dicis. Il consacrera beaucoup d’efforts pour le faire oublier mais sans y parvenir, d’autant plus que Concini Ă©tait peut-ĂŞtre impliquĂ© dans l’assassinat d’Henri IV.

Celui qu’on a appelĂ© Louis “le juste” ou Louis “le cruel” a besoin de favoris et de ministres sur lesquels s’appuyer. S’il a une bonne comprĂ©hension des affaires et un bon jugement, il a trop de carences pour l’ignorer et en est conscient. Dans un 1er temps, il confie la gestion de ses affaires Ă  Luynes qu’il fait duc, marĂ©chal piuis connĂ©table. Mais ce favori a la tĂŞte trop lĂ©gère pour exercer le gouvernement et sa mort prĂ©coce lors d’une campagne militaire dans le midi contre les huguenots en rĂ©volte lui Ă©vite une disgrâce mĂ©ritĂ©e. Louis XIII a alors ce mot terrible “je lui ai confiĂ© la gestion de mes affaires Ă  un moment mais il lui manquait quelque chose…” Fait alors figure de principal ministre, le surintendant des finances La Veilleraye, non dĂ©pourvu de qualitĂ©s et qui par quelques artifices financiers maintient le rĂ©gime Ă  flot pendant quelques annĂ©es. Mais la crise couvant, Louis XIII est obligĂ© de rappeler Richelieu malgrĂ© qu’il en ait (contre lui ), rĂ©cemment devenu cardinal grâce Ă  la protection de la reine-mère. Marie de MĂ©dicis qui se croit revenue aux affaires croit alors triompher. Mal lui en prend? Richelieu sert les intĂ©rĂŞts du roi avant tout, chose qu’elle mettra du temps Ă  rĂ©aliser jusqu’Ă  la fameuse journĂ©e des dupes en 1631. Mis en demeure de choisir entre sa mère et son ministre, le roi choisit ce dernier. “En vĂ©ritĂ©, c’est le plus grand serviteur que l’Etat n’ait jamais eu”. La reine-mère choisit alors de s’exiler Ă  Bruxelles, dans les Pays-Bas espagnols oĂą elle finira finalement ses jours.

La politique de Richelieu a d’abord pour but de renforcer l’autoritĂ© du roi en rabaissant les grands (“il les a plus foudroyĂ©s qu’autre chose“, cardinal de Retz), de dĂ©truire l’entitĂ© politique que constituent les protestants depuis l’Ă©dit de Nantes au sein du royaume,un vĂ©ritable Etat dans l’Etat. Ensuite, il s’agira de briser l’erclement dans lequel la puissance de l’Espagne tenait la France depuis l’avènement de Charles Quint. Enfin, il s’agira d’assurer la continuitĂ© de la succession du roi conformĂ©ment aux lois fondamentales du royaume, problème qui sera finalement rĂ©glĂ© avec la naissance du dauphin Louis DiodonnĂ© en 1638 après 23 ans de mariage avec Marie de MĂ©dicis (Sire, nul doute que si Dieu vous l’a donnĂ© si tard, ce ne soit pour de grandes choses…”) puis celle de son frère cadet Philippe d’OrlĂ©ans.

Jusqu’Ă  la naissance du dauphin Louis, l’hĂ©ritier presomptif du trĂ´ne Ă©tait Henri ii de CondĂ© et avant la naissance du futur Louis XIV, c’etait Gaston d’Orleans qui constituera une epine dans le pied de Louis XIII et de Richelieu tant il a servi d’alibi Ă  des revoltes post feodales, la dernière etant celle du comte de Soissons tuĂ© Ă  la bataille de Marfee, bataille dont il Ă©tait pourtant sorti vainqueur, s’ouvrant par lĂ  la route de Paris. Autres grand rĂ©voltĂ© et grande victime de Richelieu, le duc et connĂ©table de Montmorency, battu près de Toulouse et exĂ©cutĂ© dans cette ville Ă  la place du capitole en l’hĂ´tel de ville.

Pour illustrer l’ambiance qui rĂ©gnait Ă  la cour,  une anecdote amusante. Il Ă©tait de tradition dans la cour de France que quand le roi prenait son repas, en public comme il se devait, que ce soit le parent le plus proche qui lui prĂ©sente la serviette. A ce moment, se trouvaient dans la pièce le prince de CondĂ© et le comte de Soissons.  Ils se mirent alors Ă  se chamailler. C’est alors que le jeune roi appela un de ses serviteurs et lui glissa un mot Ă  l’oreille. Quelques minutes plus tard, apparut Gaston qui,  comprenant la situation prit la serviette et la tendit au roi. L’affaire fit le tour des cours d’Europe,  au grand dam des princes du sang qui s’Ă©taient ainsi ridiculisĂ©s.

D’autres comploteurs seront victimes de la soif d’autoritĂ© du couple formĂ© par Louis XIII et son ministre. Tout d’abord, le marquis de Chalais, jeune tĂŞte brĂ»lĂ©e dont l’inconsĂ©quence l’a conduit a l’Ă©chafaud. Le comte de Montmorency-Bouteville, duelliste multi-recidiviste et père du duc de Luxembourg victime de la loi sur les duels. Le marechal de Marillac, victime de la journĂ©e des dupes. A noter cette phrase terrible de Richelieu Ă  l’issue de son procès (“je ne savais pas que le marechal risquait la peine de mort”). Le marquis de Saint-Mars, grand ecuyer et favori du roi victime de la peine capitale après avoir ourdi un complot avec l’Espagne, le grand ennemi. Anne d’autriche et Gaston d’OrlĂ©ans eux-mĂŞmes seront inquiĂ©tĂ©s.

La 2ème grande affaire du règne est lĂ  rĂ©duction de l’Etat dans l’État formĂ© par les huguenots.  Avant le rappel de Richelieu, un 1er pas avait Ă©tĂ© fait avec l’Ă©dit de Montpellier en 1621 qui garantissait la libertĂ© de culte aux protestants, tout en ne leur laissant que deux places de sĂ»retĂ©, Montauban et La Rochelle. Mais le grave Ă©chec subi devant Montauban malgrĂ© un siège de plusieurs mois avait scellĂ© la disgrâce de Luynes que sa mort lui permit d’Ă©viter et prĂ©parĂ© l’arrivĂ©e de Richelieu en dĂ©pit de l’interrègne de La Veilleray. Richelieu, revenu aux affaires, n’eut plus de cesse, après avoir mâtĂ© les grands que de prĂ©parer le siège de La Rochelle, en prenant place forte après place forte, siège difficile dont l’issue en 1627 devait sceller le sort, politique du moins de ceux de la religion rĂ©formĂ©e. S’ensuivra une difficile campagne dans le midi qui aboutire Ă  la reddition de Montauban et l’Ă©dit de grâce d’Alès en 1629 qui mettra un terme dĂ©finitif aux guerres de religion. Les protestants perdront tout poids en tant que force politique mais se verront garantir la libertĂ© de conscience et de culte dans certaines conditions jusqu’Ă  la regrettable rĂ©vocation de l’Ă©dit de Nantes par Louis XIV en 1685.

Ce ne sont pas lĂ  de petites victoires pour Richelieu. NĂ©anmoins, celui-ci est hantĂ© par une disgrâce possible avec une possible exĂ©cution. C’est dĂ©jĂ  arrivĂ© avec le cardinal de Guise Ă  Blois en 1588. D’autant plus que Louis XIII n’est  pas un maĂ®tre facile. C’est un roi ombrageux et jaloux de son autoritĂ© qui suit les rĂ©sultats obtenus rĂ©gulièrement. Leurs disputes frĂ©quentes les laisseront souvent en larmes tous deux. Richelieu s”en plaindra souvent. “Les quelques mètres carrĂ©s du cabinet royal sont plus difficiles Ă  conquĂ©rir que tous les champs de bataille de l’Europe!” Ce Ă  quoi Louis XIII rĂ©torquait “des victoires certes il y en a mais moins que l’on aurait pu l’espĂ©rer….”“Richelieu est d’autant plus inquiet que le roi a Ă©tĂ© victime d’une très grave maladie qui a failli l’emporter pendant la campagne du midi, au point de recevoir les derniers sacrements. Dans ce cas son ministĂ©riat aurait pris fin, sa vie menacĂ©e peut-etre avec l’avènement de Gaston d’autant plus que les relations du cardinal se sont tendues avec la reine-mère. Enfin, voilĂ  deux malades chroniques, dĂ©pressifs qui souffraient dans leur chair de la maladie. Richelieu était sujet Ă richelieu de violentes insomnies et Ă  des mots de tĂŞte atroces. Louis XIII fut plusieurs fois Ă  l’article de la mort, pour ainsi dire au grabat Ă  son âge et Richelieu Ă©tait hantĂ© par cette perspective car le roi n’ayant pas de fils jusqu’en 1638, le trĂ´ne devait revenir Ă  Monsieur, le frère de Louis XIII, Gaston d’OrlĂ©ans qui haĂŻssait le cardinal. Fièvres rĂ©currentes, rhumatisme, goutte chronique (Ă  la fin de sa vie, il ne se dĂ©place plus qu’en chaise Ă  porteurs), hĂ©morroĂŻdes Ă  rĂ©pĂ©tition (pour le moquer, on parlait « du cul pourri du cardinal »), tuberculose intestinale et, crachats de sang  etc pour le cardinal, maux de ventre, tuberculose gastrique ( ?) pour Louis XIII et j’en passe… Ce sont deux malades qui ont dirigĂ© pendant 20 ans les affaires de l’Europe…

Dans un premier temps, la stratĂ©gie pour contrer l’ESpagne est de s’assurer le contrĂ´le des cols et des voies de passage entre l’Italie du nord et la partie autrichienne des habsbourgs. Le col de la Valteline, le pas de Suse sont autant d’enjeux qui monopolisent l’attention de l’europe pendant des annĂ©es sans qu’il n’y ait de guerre dĂ©clarĂ©e mais plutĂ´t une guerre froide, diplomatique et par le biais des alliĂ©s, suĂ©dois entre autres. Richelieu a un rival de taille en la personne du comte duc Olivares, favori du roi d’Espagne Philippe IV. La guerre  est finalement ouverte en 1635 et sera très dure au dĂ©but pour la FRance, les forces espagnoles s’avançant jusqu’Ă  Corbie, Ă  quelques lieux de Paris qu’elles menacent. La situation est alors en partie rĂ©tablie, surtout grâce Ă  Louis XIII alors que Richelieu, paniquĂ© se terre en son palais-cardinal. La guerre se transforme mĂŞme en guerre europĂ©enne, la guerre de trente ans oĂą victoires et dĂ©faites se succèdent jusqu’en 1643 avec les victoires du grand CondĂ© Ă  Rocroi et Ă  Lens qui permettront Ă  la France de signer le traitĂ© de Westphalie qui sera fondateur pour la puissance qu’elle deviendra jusqu’Ă  la fin du siècle.

Richelieu est alors au plus mal alors que Louis XIII ne va guère mieux. Ils finiront par s’Ă©teindre Ă  quelques mois d’intervalle, la rĂ©gence Ă©tant alors dĂ©volue Ă  Anne d’Autriche et son autre ministre cardinal, protĂ©gĂ© de Richelieu qui le mettra en avant Ă  la fin de sa vie, le cardinal Mazarin.

Quand Louis XIII finit par mourir Ă  42 ans, il laisse un fils de 5 ans pour lui succĂ©der, le futur Louis XIV. Comme Henri IV avant lui, son testament n’est pas honorĂ© et la rĂ©gence Ă©choit faclement Ă  son Ă©pouse Anne d’Autriche secondĂ©e par le cardinal Mazarin. Il faut souligner que si Anne a eu un comportement Ă©quivoque pendant des annĂ©es vis Ă  vis de son mari et de son pays d’adoption, Ă  partir du moment oĂą elle a eu son 1er fils, Louis en 1638 et son second, Philippe, elle a adoptĂ© un comportement exemplaire. Surtout, quand elle a pris la rĂ©gence, elle n’eut d’autre prĂ©occupation que de transmettre la couronne et un pays en ordre Ă  son fils.

Louis est un enfant si Ă©clatant de vie qu’il Ă©corche les tĂ©tons de ses nourrices successives. Les ambassadeurs italiens, toujours perspicaces auront beau jeu de prĂ©venir leur seigneurie que l’Europe devait se mĂ©fier d’un appĂ©tit si prĂ©coce, alerte qui fera le tour des cours europĂ©ennes. Anecdote rĂ©vĂ©latrice si toutefois elle est vrai. A la fin de sa vie, Louis XIII appela son fils auprès de lui et lui demanda:
-Comment vous appelez-vous mon fils?
-Louis XIV!
-Pas encore, pas encore mon fils mais si c’est la volontĂ© de Dieu, ce sera bientĂ´t…
L’enfant roi est très conscient de lui-mĂŞme et des victoires qui sont remportĂ©es en son nom dans les Flandres espagnoles par le prince de CondĂ©. Mazarin rapportera la victoire de Rocroi Ă  la reine-mère en ses termes : “Une victoire comme on n’en a plus vu depuis longtemps en FRance, votre majestĂ©”

Lpuis XIV sera durablement marquĂ© par la Fronde. La Fronde du parlement de Paris prĂ©cède celle des grands quand, en 1648, le parlement de Paris refuse de cĂ©der Ă  Mazarin en matière d’impĂ´ts . Elle est menĂ©e par le très populaire Paul de Gondi, futur cardinal de Retz Ă  qui Louis XIV ne pardonnera jamais mĂŞme s’il le recevra Ă  nouveau Ă  sa cour après l’avoir Ă©xilĂ©. Lui succèdera la fronde des grands puis celle des princes, CondĂ© et Conti et Beaufort, petit-fils naturel d’Henri IV. Deux fuites de Paris s’ensuivront mais Ă  la majoritĂ© du roi, la rĂ©gente et son principal ministre parviendront Ă  reprendre la main. A cause de ses Ă©pisodes, l’Ă©ducation de Louis XIV fut plus ou moins bâclĂ©e. IL en souffrira toute sa vie mĂŞme s’il avait une bonne comprĂ©hension et une assez bonne maĂ®trise des lettres. Saint-Simon qui ne l’aimait guère dira de lui qu’il Ă©tait en dessous du mĂ©diocre mĂŞme si celĂ  n’avait pas la mĂŞme signification Ă  l’Ă©poque qu’aujourd’hui.

A la mort de Mazarin, Louis dĂ©cide de rĂ©gner seul Ă  23 ans. Ce n’est pas prĂ©coce mais Mazarin qui l’a formĂ© a su dĂ©celer en lui les qualitĂ©s d’un grand roi. “Il y a en lui de quoi faire 4 roi et un honnĂŞte homme…”S’il a commencĂ© plus tard, il ira certainement plus loin que les autres”. NĂ©anmoins, Louis XIV s’entoure de ministres expĂ©rimentĂ©s SĂ©guier Ă  la chancellerie Ă  qui succèdera Le Tellier, Le tellier Ă  la guerre puis Ă  la chancellerie, Louvois qui succèdera plus tard Ă  son père Ă  la guerre et Colbert qui est parvenu Ă  Ă©vincer Fouquet. Colbert qui, Ă  la fin de sa vie, se plaindra de l’ingratitude du roi . “Si j’avais fait pour Dieu ce que j’ai fait pour cet homme, j’aurai sauvĂ© mon âme 4 fois...”Louis XIV a aussi la chance de compter sur deux gĂ©nĂ©raux qui comptent parmi les plus grands de l’Europe? CondĂ© qui s’est ralliĂ© et le marĂ©chal de Turenne. D’autres qui auront un rĂ´le Ă  jouer seront ses confesseurs, Ă  savoir le père Annat (1654-1670), le père Perrier , anti-jansĂ©niste virulent (1670-1674) et le père Lachaise (1675-1709). Un personnel de qualitĂ© comme on le voit. Par contre, les maĂ®tresses officielles ne joueront aucun rĂ´le politique, ni Mlle de la Vallière ni MMe de Montespan si ce n’est MMe de Maintenon que le roi Ă©pousera secrètement.

Louis VIV mènera cinq guerres pendant son règne. La guerre de dĂ©volution est menĂ©e contre l’ESpagne pour le manquement de celle-ci Ă  sa promesse de verser 500 000 Ă©cus en Ă©change de la renonciation de la reine Marie-ThĂ©rèse Ă  ses droits sur la couronne d’Espagne. Elle permet Ă  la France d’annexer Tournai, Courtrai, Charleroi et surtout plus durablement Lille. La guerre (injuste?) de Hollande lui permet d’annexer la Franche-ComtĂ©. La guerre des rĂ©unions contre l’Espagne est conclue par le traitĂ© de Ratisbonne pour permettre Ă  l’empereur LĂ©opolod de mena sa guerre contre les turcs. Tous ces triomphes finissent par Ă©veiller la mĂ©fiance des cours europĂ©ennes devant l’appĂ©tit du roi-soleil. La guerre de la ligue d’Aubsbpurg Ă©galement appelĂ©e guerre de 9 ans (1688-1697) force la France Ă  reconnaĂ®tre la lĂ©gitimitĂ© de Guillaue d’Orange au trĂ´ne anglais au dĂ©triment des derniers Stuarts. A l’issue de celle-ci et grâce aux victoires du duc de Morlborough sur les armĂ©es françaises, l’Angleterre ressort comme une puissance europĂ©enne et donc mondiale majeure. La guerre de succession d’Espagne voit se dresser devant la France la quasi-totalitĂ© des puissances europĂ©ennes qui cherchent Ă  empĂŞcher Philippe d’Anjou , 2ème petit-fils de Louis XIV de succĂ©der au trĂ´ne espagnol Ă  Charles IV de Habsbourg qui l’a dĂ©signĂ© sur son testament. Elle laissera la France exsangue mais Philippe d’Anjou deviendra bien le 1er roi Bourbon d’Espagne sous le bom de Philippe V en Ă©change de sa renonciation Ă  ses droits sur la couronne de France.

A partir de 1681, date oĂą la cour emmĂ©nagera au château de Versailles, Louis XIV, suite Ă  l’affaire des poisons et qui privilĂ©gie une nouvelle maĂ®tresse plus austère, MMe de Maintenon mènera une vie privĂ©e moins ostentatoire. IL finira par l’Ă©pouser secrètement.

En 1691, date de la mort de son dernier grand ministre, Louvois, Louis XIV commencera vĂ©ritablement son règne personnel. Des signes l’avaient prĂ©cĂ©dĂ© avec la rĂ©vocation malheureuse de l’Ă©dit de Nantes en 1685 qui souligneront l’influence grandissante de sa bigote Ă©pouse. Louis XIV l’appelait “ma soliditĂ©”. A partir de cette date, le roi aura la main sur tout, ses ministres dont le malheureux Chamillard et hormis le talentueux Seignelay qui aidera Ă  l’Ă©mergence d’une marine française forte, la Royale, de manière Ă  lui permmettre de garder une emprise forte sur ses colonies, seront rĂ©duits au rĂ´le d’exĂ©cutants.

La fin du règne est assombrie par une série de deuils qui frappent la famille royale. Le vieux roi qui était si fier de sa descendance voit partir son fils, le grand dauphin en 1611, son petit-fils le duc de Bourgogne en 1612 et son 3ème petit-fils, le duc de Berry. en 1613. De plus sa petite brue la duchesse de Bourgogne et surtout ses deux arrières petit-fils les suivent rapidement. Ne lui reste que le tout jeune et futur Louis XV. Pour assurer sa lignée, le roi pense même à légitimer ses bâtards dans le cas où le très jeune Louis décèderait prématurément, ce qui a pour effet de dresser contre lui la haute noblesse,les princes du sang et le parlement de Paris.

Louis XIV finit par mourir d’une embolie avec anĂ©vrisme complet compliquĂ© d’une gangrène dans les jambes. Il laisse finalement un seul arrière petit-fils, le futur Louis XV sous la tutelle de son neveu, Philippe d’OrlĂ©ans qu’il a pourtant essayĂ© d’Ă©carter de la rĂ©gence par un testament qui sera annulĂ© par le parlement de Paris, Ă  l’instar de ses prĂ©dĂ©cesseurs, marquant lĂ  un retour en force de la haute noblesse et des parlements.

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