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Les intuitions d’Hitler (vraies ou fausses)

Qui n’a pas entendu parler des intuitions d’Hitler, de ses fameuses prémonitions? Il est vrai qu’à maintes reprises il ait fait montre d’une vrai clairvoyance mais il s’est aussi souvent fourvoyé. Son erreur principale a été de sous-estimer grossièrement l’armée rouge, la profondeur de sa préparation et la capacité de l’Union soviétique de développer une industrie d’armement massive et de qualité même si, et jusqu’à la fin, les soldats allemands étaient globalement mieux armés que leurs adversaires.

Comment expliquer cette clairvoyance qui allait souvent à l’encontre des spécialistes (Hitler n’aimait pas les spécialistes), qu’ils soient économistes, industriels ou militaires. Le fuhrer avait une capacité à simplifier les problèmes, à les synthétiser et à en faire ressortir leur substantifique moëlle. Lui dénier des qualités est faire preuve de déni. Sinon, comment aurait-il pu s’assurer le soutien du peuple allemand, presque sans faille et mener une guerre mondiale pendant 6 années.

Parmi les intuitions qui se sont révélées fondées on peut citer, la volonté d’Hitler d’accéder au pouvoir par la voie des urnes après le désastre du putsch de la brasserie et alors que le NSDAP n’était encore qu’un groupuscule d’extrême droite parmi tant d’autres, la décision de mettre au pas les SA pour s’aliéner la sympathie de l’armée, de renoncer à la partie révolutionnaire du programme du NSDAP anti-capitaliste et anti-ploutocratique pour s’aliéner le soutien du grand capital, sa prédilection pour les chars qui lui avaient été présentés par Guderian (Voilà ce qu’il me fait? c’est ce dont j’ai besoin”), de remilitariser la Rhénanie envers tous les traités et alors que l’armée allemande était alors absolument incapable d’opposer la moindre résistance (une pichenette de l’armée française aurait suffi à la faire reculer et donc à tuer le régime dans l’Å“uf), de parier que les puissances occidentales ne défendraient pas la tchécoslovaquie, d’adopter le plan Manstein d’invasion de la France contre l’avis de l’Etat-Major, de tenir absolument la tête de front après l’échec de l’offensive sur Moscou contre l’avis de l’armée qui conseillait de se replier sur les frontières d’avant le 22 juin, évitant là un désastre comparable à la retraite de Russie, de préconiser un plan de sauvetage de la VI ème armée à Stalingrad après une 1ère intuition contraire (l’assurance de Goering de ravitailler l’armée avec la seule Lutwaffee devait finalement emporter sa décision), sa réticence à l’offensive de Koursk contre l’avis de ses généraux (chaque fois que je pense à cette opération, j’en ai mal au ventre “), sa certitude que le débarquement aurait lieu en Normandie (il qualifiait la campagne de désinformation de Fortitude de pièce de théâtre) même s’il s’est finalement rallié à l’avis de l’état-major qui penchait pour le Pas de Calais.

Sa principale erreur a été de sous-estimer la résilience de l’armée rouge, sa capacité à produire de nouvelles armées et sa combativité. De même, il s’est trompé en affirmant que le régime soviétique s’effondrerait après les 1ers désastres, sous-estimant le soutien populaire au régime soviétique qui s’était assuré l’appui d’une frange de la population, de l’ordre de 12 à 15 % par l’octroi de privilèges etc… On a pu l’appeler l’intelligentsia. L’Union soviétique ayant rassemblé l’essentiel de ses forces près des frontières, sa stratégie consistait à procéder à de larges manÅ“uvres d’encerclement via sa blitzkrieg, anéantissant du coup toute capacité de résistance ultérieure. La guerre à l’est devait être terminée en 3 mois, vision partagée par une grande partie de l’état-major. Seul Guderian qui avait fait un voyage en Union soviétique à la tête d’une mission militaire avait insisté sur la profondeur de la la préparation de l’URSS. De fait, plusieurs groupes d’armées ont été enveloppés, des millions de soldats fait prisonniers avec leur équipement mais l’Union soviétique avait un tel vivier de recrues, l’accord avec le Japon étant intervenu comme du pain béni, son industrie militaire en partie délocalisée au delà de l’Oural avait acquis un tel potentiel de production que la wermacht ne pouvait être que débordée. Au cours de la sende guerre mondiale, l’URSS produisit 72 000 chars souvent d’excellente qualité comme le fameux T34 contre 36000 pour l’Allemagne.

En fait la stratégie d’Hitler consistait en une succession de paris tous plus risqués les uns que les autres. A Goering qui lui objectait en 1939 qu’il n’était pas nécessaire de toujours jouer à quitte ou double, Hitler lui répondit “toute ma vie, j’ai toujours risqué le tout pour le tout”. 1er pari; Envelopper les armées de l’URSS d’un seul coup et anéantir la capacité de combat de l’URSS. On a vue la suite… Ensuite, s’emparer des champs de pétrôle de Crimée, chose qui s’est révélée impossible, s’emparer des champs pétrolifères de Roumanie et de mines de fer de Norvège. Pendant la bataille des ardenne, s’emparer des réserves de carburant de l’armée américaine en profitant du mauvais temps qui empêchait l’aviation alliée d’intervenir.

Ses principales erreurs, penser que les puissances ne défendraient pas la Pologne, se rapprocher de l’Angleterre, ce qu’il tentera toujours de faire sans succès, penser que l’Angleterre capitulerait en 1940, parier sur une dislocation de l’alliance contre lui en la qualifiant de contre nature (Amérique ultra-capitaliste et Union soviétique), parier sur les nouvelles armes de destruction massives (il n’y croyait pas beaucoup à la vérité), privilégier le front est alors que l’Allemagne aurait pu s’emparer sans peine de Gibraltar et de toute la méditerranée , de l’Egypte, du canal de Suez et du pétrôle du moyen-orient.

Là a été, à mon, avis sa plus lourde erreur…



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