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Abdelmoumen le flambeau des almohades

De taille moyenne, “bien pris et musclĂ©”, Abdelmoumen, le fondateur de la dynastie et de l’empire almohade, avait le teint clair, les yeux d’un bleu foncĂ© et les cheveux trĂšs noirs. “S’il avait du charme, Ă©crit un chroniqueur, il Ă©tait quand il l’exerçait, d’une Ă©nergie sans dĂ©faut”. Il Ă©tait douĂ© d’une Ă©loquence persuasive et son intelligence brillait sur son visage”. Fils d’un potier, nĂ© dans un village prĂšs de Nedroma (AlgĂ©rie), Ă©duquĂ© Ă  Tlemcen, citĂ© oĂč l’influence d’al-Andalous Ă©tait forte, le future calife des Almohades semblait prĂ©destinĂ© au commandement des hommes. ” Il avait l’Ăąme Ă©levĂ©e et la royautĂ© dans le sang comme s’il l’avait hĂ©ritĂ© de pĂšre en pĂšre”.

Cependant, il avait un rival en la personne d’Al Bachir, autre disciple d’Ibn Toumert. La mort de celui-ci lors d’un premier siĂšge avortĂ© de Marrakech suite Ă  l’arrivĂ©e de renforts almoravides venus de Sijilmassa lui laissa le champ libre.

Son tempĂ©rament ambitieux Ă©tait dominĂ© par un formidable sens de l’organisation et de grandes vertus de clairvoyance et de patience. Toutes ses actions Ă©taient longuement mĂ©ditĂ©es et minutieusement prĂ©parĂ©es. Ainsi en fut t’il de la fameuse campagne militaire qu’il mena, au dĂ©part de Tinmel, dans le Haut-Atlas marocain, et qui le conduisit sept ans plus tard aux portes de Marrakech, la capitale des Almoravides.

Connaissant les limites de ces forces et estimant Ă  leur juste valeur celles de l’ennemi, il mena sa campagne exclusivement Ă  partir de la montagne et Ă©vita systĂ©matiquement d’Ă©viter en plaine la cavalerie almoravide, constituĂ©e de groupes de mercenaires aragonais commandĂ©e par le barcelonais Reverter. C’est seulement aprĂšs qu’il provoqua, prĂšs de Tlemcen, la bataille rangĂ©e qui lui ouvrit le chemin du Maroc. Fes, Sebta, Tanger, MeknĂšs, tombĂšrent successivement.

Au printemps de 1147, il assiĂšge Marrakech et balaie l’empire almoravide. AprĂšs quoi, il entreprend la conquĂȘte du Maghreb (AlgĂ©rie et Tunisie), laissant en dernier lieu Al Andalous trĂšs perturbĂ©e alors par diffĂ©rents prĂ©tendants. Il ne s’y attaquera en personne qu’en 1161, deux ans avant sa mort. Encre se contentera t’il de diriger les opĂ©rations depuis Gibraltar oĂč il installa son camp. Il appartiendra Ă  son petit-fils Yacoub Al Mansour, de mener la campagne qui allait le mener Ă  la victoire dĂ©cisive d’Alarcos et de conclure une trĂȘve favorable de 10 ans avec les royaumes ibĂ©riques. Son propre fils et successeur, Abou Yacoub Youssef, sera tuĂ© lors d’une campagne militaire en Andalousie.

Son Ɠuvre monumentale imprĂšgne toujours le paysage marocain: La mosquĂ©e de Tinmel, celle de la Koutoubia, laDirham almohadejpg forteresse des OudaĂŻas Ă  Rabat, d’immenses bassins d’irrigation Ă  Marrakech. Il est important de noter que, fondateur de la ville de Rabat, capitale actuelle du Maroc, celle-ci tient son origine de Ribat Al Fath, “le camp de la conquĂȘte”, oĂč Abdelmoumen rassemblait ses chevaux pour sa cavalerie, pour mener ses campagnes futures.

Il met en place une administration fortement hiĂ©rarchisĂ©e et centralisĂ©e qui puise ses cadres dans une vĂ©ritable Ă©cole administrative qu’il crĂ©Ă©. Une remarquable circulaire signĂ©e de sa main et publiĂ©e depuis Tinmel en 1148 proclame la lutte contre la corruption, assure la sĂ©curitĂ© des routes, interdit l’exĂ©cution de la peine capitale au niveau des autoritĂ©s locales.

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